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Une chronique de Constance Duret

Hatha yoga : ma leçon sur l'alignement des hanches

Une tension lombaire qui revient après quelques heures assises, une hanche qui semble plus raide que l’autre, ou cette sensation de ne jamais trouver une position confortable dans le pigeon: ces inconforts ne viennent pas toujours d’un manque de souplesse.

Constance Duret, Kinésiologue et formatrice en yoga postural·Mis à jour : 31 août 2026·17 min de lecture

Hatha yoga : ma leçon sur l'alignement des hanches

Hatha yoga: ma leçon sur l’alignement des hanches

Très souvent, ils signalent plutôt un bassin qui cherche sa stabilité et des muscles qui compensent comme ils peuvent.

Dans la pratique du Hatha yoga, l’alignement postural du bassin et des hanches ne consiste pas à placer le corps dans une forme idéale. Il s’agit de créer des appuis suffisamment fiables pour que la colonne vertébrale, les hanches et les genoux ne se disputent pas le mouvement. Nous ne cherchons pas à forcer l’ouverture. Nous cherchons à rendre la posture lisible pour le système nerveux, respirable pour le corps et progressive pour les tissus.

C’est cette nuance qui peut transformer une posture de yoga: moins d’amplitude, parfois, mais davantage d’ancrage et de fluidité.

La sédentarité modifie les appuis du bassin

Lorsque nous restons longtemps assis, les hanches demeurent en flexion. Les fléchisseurs de hanche, notamment le psoas, travaillent dans une position raccourcie. Dans le même temps, les fessiers sont peu sollicités et perdent une partie de leur rôle de stabilisateurs. Ce déséquilibre n’est pas une faute. C’est une adaptation à une habitude de vie.

Le problème apparaît lorsque nous demandons ensuite au bassin de retrouver immédiatement sa mobilité et sa précision sur un tapis de yoga. Les muscles ne redeviennent pas disponibles par simple injonction. Le corps peut alors chercher une solution de remplacement: il accentue la cambrure lombaire, tourne un genou vers l’intérieur, déplace le poids sur un seul côté ou bloque la respiration.

La hanche est une articulation particulièrement mobile. Elle relie le buste aux jambes et participe à la flexion, à l’extension ainsi qu’aux rotations interne et externe. Cette liberté de mouvement est précieuse, mais elle demande aussi une organisation fine. Une hanche ne fonctionne jamais seule: elle dialogue avec le bassin, le sacrum, la colonne lombaire, les genoux et les pieds.

C’est pourquoi une douleur ressentie au niveau de la hanche ne signifie pas forcément que la hanche est l’unique origine du problème. Une limitation de mobilité peut venir d’un manque de contrôle du bassin. À l’inverse, un bassin qui ne se stabilise pas peut imposer une charge excessive aux tissus situés autour de l’articulation.

Le premier repère: observer avant de corriger

Avant d’entrer dans une posture, nous pouvons prendre quelques secondes pour écouter les appuis. Allongez-vous sur le dos, les genoux fléchis et les pieds posés au sol. Laissez le poids du bassin se déposer sans chercher à plaquer les lombaires.

Observez simplement:

  • un côté du bassin semble-t-il plus lourd que l’autre;
  • les genoux restent-ils à la même hauteur;
  • les pieds sont-ils orientés de manière comparable;
  • la respiration descend-elle vers les côtes basses ou reste-t-elle haute dans la poitrine;
  • le bas du dos se creuse-t-il dès que vous inspirez.

Il n’y a rien à réussir dans cette observation. Elle nous renseigne sur le tonus de départ et sur la manière dont le corps organise sa stabilité. Une pratique de Hatha yoga devient beaucoup plus précise lorsque nous cessons de corriger une forme visible pour commencer à sentir la relation entre les différentes zones.

L’alignement n’est pas une position figée: c’est la capacité du corps à répartir la charge sans créer de tension inutile.

Antéversion, rétroversion: retrouver un bassin disponible

Le bassin peut basculer vers l’avant ou vers l’arrière. Nous parlons alors d’antéversion et de rétroversion.

En antéversion, les crêtes iliaques partent vers l’avant et la cambrure lombaire s’accentue. Cette orientation n’est pas pathologique en soi: elle fait partie des mouvements normaux du bassin. Elle devient gênante lorsqu’elle est maintenue sans contrôle, notamment dans les postures où nous cherchons à allonger les fléchisseurs de hanche.

En rétroversion, le bassin s’enroule vers l’arrière. La cambrure lombaire diminue, parfois jusqu’à un aplatissement excessif. Les ischio-jambiers peuvent participer à cette bascule, tout comme les muscles abdominaux. Là encore, le mouvement est physiologique. Ce qui compte, c’est la possibilité de passer d’une organisation à l’autre sans rester prisonnier d’une seule position.

Dans une posture de yoga, nous ne cherchons donc pas systématiquement à placer le bassin en rétroversion. Nous cherchons une zone neutre, suffisamment stable pour ne pas surcharger les lombaires et suffisamment mobile pour permettre aux hanches de travailler.

Un exercice simple pour sentir la différence

Depuis la position allongée, placez les mains sur les os du bassin, à l’avant des hanches. Inspirez sans amplifier volontairement la cambrure. À l’expiration, laissez le bas du ventre se tonifier et sentez le bassin basculer légèrement vers l’arrière. Puis relâchez progressivement.

Répétez plusieurs fois, avec une amplitude réduite. Le mouvement doit rester lent, sans contraction forte des fessiers et sans poussée des pieds dans le sol.

Vous pouvez ensuite vous arrêter au milieu du trajet, dans une position où:

  • le bas du dos conserve une courbure naturelle;
  • le ventre n’est pas rentré avec rigidité;
  • les côtes restent mobiles;
  • les jambes ne cherchent pas à prendre le contrôle du bassin.

C’est cette zone intermédiaire qui nous intéresse. Elle ne correspond pas à une forme universelle. Elle dépend de votre morphologie, de la mobilité de vos hanches et de votre niveau de tonus ce jour-là.

Dans le contexte d’un alignement corporel en Hatha yoga, cette perception est plus utile qu’une consigne appliquée mécaniquement. Si vous forcez la rétroversion pour protéger votre dos, vous risquez de créer une tension dans les ischio-jambiers ou de perdre la mobilité nécessaire dans les hanches. Si vous laissez le bassin partir systématiquement en antéversion, vous pouvez accentuer la compression lombaire.

Nous cherchons donc une stabilité active, jamais un verrouillage.

Le pigeon: une posture d’ouverture qui demande de la précision

La posture du pigeon, Eka Pada Rajakapotasana dans sa forme classique, est souvent utilisée pour mobiliser les hanches et étirer les tissus autour du bassin. Elle peut être agréable, mais elle est aussi fréquemment pratiquée avec trop d’ambition et pas assez d’appuis.

L’erreur la plus courante consiste à vouloir déposer la fesse du côté de la jambe avant au sol alors que le bassin reste en rotation. Le corps obtient alors une sensation d’intensité, mais cette intensité ne correspond pas nécessairement à un étirement pertinent. Le genou avant peut subir une torsion, tandis que le sacrum et la hanche opposée perdent leur stabilité.

La posture du pigeon ne devrait jamais provoquer une douleur franche dans le genou. Une sensation d’étirement dans la fesse, la face externe de la hanche ou l’arrière de la cuisse peut être acceptable si elle reste progressive et respirable. Une douleur vive, localisée ou croissante est une information différente: nous sortons de la zone d’ajustement.

Installer les appuis avant de chercher l’étirement

Depuis une position à quatre pattes, amenez un genou vers l’avant. Le tibia peut rester très incliné: il n’est pas nécessaire de le placer parallèlement au bord avant du tapis. Plus le pied s’éloigne de l’aine, plus la demande de rotation externe augmente. Pour beaucoup de pratiquants, commencer avec le talon proche du bassin offre un meilleur contrôle.

Allongez la jambe opposée vers l’arrière, sans chercher immédiatement à descendre le bassin. Prenez le temps d’observer:

  • le bassin part-il nettement vers le côté;
  • le genou avant reste-t-il confortable;
  • la hanche arrière se soulève-t-elle;
  • la colonne s’arrondit-elle parce que vous cherchez à atteindre le sol.

Si la fesse du côté de la jambe avant ne repose pas facilement, glissez un coussin ferme ou une brique sous cette fesse. Cet accessoire n’est pas une version simplifiée de la posture. Il permet de réduire l’écart entre votre amplitude actuelle et le support, afin que le bassin reste plus aligné.

L’objectif est de conserver les deux côtés du bassin aussi horizontaux que possible, sans produire une immobilité artificielle. Lorsque le support remplit l’espace, les muscles peuvent progressivement relâcher leur tension de protection.

Dans le pigeon, la brique ne vous éloigne pas de la posture: elle vous rapproche de son intention mécanique.

La descente vient après l’organisation

Une fois les appuis installés, vous pouvez avancer les mains et incliner le buste. Ne laissez pas la poitrine tomber simplement parce que le sol se trouve plus bas. La flexion vers l’avant doit accompagner la respiration, pas la remplacer.

À l’inspiration, sentez la longueur de la colonne. À l’expiration, laissez le poids du bassin se déposer sans pousser. Maintenez la posture environ trente à quarante-cinq secondes si elle reste confortable, puis sortez lentement, en passant par une position neutre avant de changer de côté.

Cette durée n’est pas une obligation. Elle donne simplement aux tissus et au système nerveux le temps de s’adapter à l’étirement. Chez une personne très raide, rester moins longtemps mais respirer régulièrement sera souvent plus constructif que tenir davantage en apnée.

Si vous pratiquez déjà une séance de Hatha yoga, le pigeon peut trouver sa place après des mouvements qui ont préparé les hanches: fente basse, mobilisation douce de la colonne, posture du sphinx ou transitions lentes entre flexion et extension. L’étirement statique n’a pas besoin d’ouvrir la séance à froid.

Ce que la posture ne doit pas devenir

Nous devons rester prudents avec les discours qui attribuent aux hanches ou au psoas une fonction émotionnelle automatique. La sensation de relâchement peut être réelle. La respiration peut devenir plus ample. Le tonus général peut diminuer. Mais cela ne signifie pas que des émotions seraient littéralement stockées dans un muscle.

De la même manière, le pigeon ne constitue pas un traitement pour une lésion articulaire importante ou une bursite. En présence d’une douleur persistante, d’une douleur nocturne, d’un gonflement ou d’une limitation inhabituelle, un avis médical est préférable avant de multiplier les postures d’ouverture.

Malasana: descendre sans perdre le bassin

La guirlande, Malasana, est une posture intéressante pour observer la relation entre les pieds, les chevilles, les genoux et le bassin. Elle semble simple: nous descendons en squat, les coudes peuvent accompagner l’ouverture des genoux, et le buste reste aussi vertical que possible.

Pourtant, la profondeur de Malasana dépend fortement de la mobilité des chevilles et des hanches. Lorsque les talons se décollent, le corps avance souvent les genoux ou arrondit le dos pour conserver l’équilibre. Ce n’est pas un échec technique. C’est le signe que la configuration actuelle demande une adaptation.

Placez une brique couchée ou des cales sous les talons. Vous pourrez alors descendre sans lutter contre la limitation des chevilles. Le bassin gagne un support indirect, les pieds retrouvent un appui plus stable et la colonne peut se redresser avec moins d’effort.

Une progression guidée

Commencez debout, les pieds légèrement écartés. La largeur exacte varie selon les hanches et la longueur des fémurs. Descendez lentement en pliant les genoux, puis arrêtez-vous avant que le bassin ne parte vers l’arrière.

Si les talons restent en contact avec le sol et que la respiration est fluide, vous pouvez poursuivre. Si les talons montent, ajoutez un support au lieu de chercher à forcer la profondeur.

Dans la posture:

1. répartissez le poids entre l’avant et l’arrière des pieds, sans vous écraser sur les orteils;

2. laissez les genoux suivre l’orientation des pieds;

3. éloignez les épaules des oreilles;

4. grandissez la colonne depuis le bassin;

5. utilisez les coudes contre les genoux avec douceur, sans écarter brutalement les articulations;

6. gardez une respiration qui descend vers les côtes et le ventre.

Le plancher pelvien peut participer à la stabilité, mais il ne doit pas être contracté au maximum. Une sensation d’engagement discret est suffisante. Nous cherchons une tonicité qui accompagne le mouvement, pas une crispation qui immobilise le bassin.

Restez quelques respirations, puis remontez en poussant le sol avec les pieds. Si les genoux sont sensibles, réduisez l’amplitude et ne cherchez pas à transformer Malasana en test de mobilité.

Pourquoi les accessoires changent la qualité du geste

Un accessoire modifie les conditions mécaniques de la posture. Il ne remplace pas le travail; il permet de le rendre plus précis.

Dans Malasana, le support sous les talons diminue la demande de flexion de cheville. Dans le pigeon, le support sous la fesse limite l’inclinaison du bassin. Dans les deux cas, nous évitons qu’une zone compense excessivement le manque de mobilité d’une autre.

Cette approche est particulièrement utile pour les personnes qui reprennent le yoga après une longue période de sédentarité, pour les sportifs dont les hanches sont toniques mais peu disponibles en rotation, ou pour les pratiquants qui ressentent une asymétrie marquée entre les deux côtés.

Tadasana: l’alignement commence debout

La posture de la montagne, Tadasana, est souvent présentée comme une position de repos. Elle est pourtant un véritable laboratoire d’alignement. Debout, nous pouvons observer directement la relation entre les pieds et le bassin, sans que le sol masque les compensations.

Placez les pieds à une distance confortable. Sentez les trois points d’appui: la base du gros orteil, la base du petit orteil et le centre du talon. Évitez de repousser le sol avec rigidité. Les orteils restent longs et détendus.

Laissez les genoux se déverrouiller. Le bassin se redresse avec une légère orientation du pubis vers le haut, comme si vous cherchiez à allonger le bas du dos plutôt qu’à effacer complètement sa courbure. Le plancher pelvien peut s’engager subtilement dans cette organisation.

Les épaules se placent au-dessus du bassin, mais ne tirez pas la cage thoracique vers l’arrière. Une erreur fréquente consiste à gonfler la poitrine pour paraître plus droit. La respiration devient alors haute et le diaphragme perd de sa liberté.

Vous pouvez vérifier plusieurs repères:

Zone observéeOrganisation recherchéeCompensation fréquente
PiedsAppuis répartis entre talon et avant-piedPoids rejeté sur les talons ou les orteils
GenouxOrientation cohérente avec les piedsGenoux verrouillés ou rentrés vers l’intérieur
BassinPosition redressée, sans serrer les fessiersAntéversion avec cambrure accentuée
CôtesMobilité dans toutes les directionsCage thoracique projetée vers l’avant
TêteNuque longue et regard horizontalMenton levé ou tête avancée

Ces repères ne sont pas destinés à être contrôlés simultanément avec anxiété. Prenez une zone à la fois. Commencez par les pieds, puis remontez vers les genoux et le bassin. Le corps comprend mieux une consigne lorsqu’elle est progressive.

Le bassin redressé, pas rigidifié

Quand nous entendons qu’il faut redresser le bassin, nous pouvons être tentés de serrer les fessiers ou de rentrer fortement le ventre. Cette stratégie donne une impression immédiate de maintien, mais elle limite parfois la respiration et crée une tension dans les lombaires.

Essayez plutôt ceci: imaginez que vos jambes montent depuis les pieds jusqu’aux hanches, tandis que le sommet du crâne s’éloigne du bassin. Le mouvement est vertical et continu. Les fessiers participent à la stabilité, mais ils ne doivent pas devenir durs.

À l’inspiration, laissez les côtes s’ouvrir latéralement. À l’expiration, sentez les pieds s’ancrer et le bas du ventre se tonifier légèrement. Le système nerveux parasympathique apprécie cette alternance entre soutien et relâchement: nous lui indiquons que la posture ne représente pas une menace à combattre.

Tadasana peut être tenue quelques respirations au début d’une séance, mais aussi dans la vie quotidienne. Après une période assise, se redresser ainsi pendant une minute aide à retrouver des repères corporels avant d’enchaîner avec une posture plus exigeante.

Construire une pratique de Hatha yoga qui respecte les hanches

La correction d’un alignement ne se fait pas dans une posture isolée. Elle se construit par répétition, à travers des mouvements suffisamment fréquents pour que le corps développe de nouvelles options.

Dix minutes quotidiennes peuvent constituer une base réaliste. Cette durée ne garantit pas un résultat identique pour tout le monde, mais elle favorise une relation régulière avec les sensations. Nous pouvons consacrer ces quelques minutes à des mobilisations simples, à une posture debout et à un étirement tenu entre trente et quarante-cinq secondes, sans transformer la séance en épreuve de souplesse.

Une courte routine peut suivre cette logique:

  • deux minutes de respiration au sol, genoux fléchis;
  • quelques bascules lentes du bassin pour distinguer antéversion et rétroversion;
  • une fente douce de chaque côté pour mobiliser les fléchisseurs de hanche;
  • Malasana avec un support sous les talons si nécessaire;
  • le pigeon avec un coussin sous la fesse, sans recherche d’amplitude;
  • Tadasana pour intégrer les appuis et la verticalité.

Cette séquence ne remplace pas un accompagnement personnalisé. Elle donne simplement une direction: mobiliser, stabiliser, puis intégrer. Nous évitons de commencer par l’étirement le plus intense alors que le corps n’a pas encore retrouvé sa respiration ni sa capacité d’appui.

Les signes qui indiquent qu’il faut ajuster

Pendant une posture, l’intensité doit rester compréhensible. Vous pouvez sentir un étirement, une fatigue musculaire modérée ou une difficulté à maintenir l’équilibre. En revanche, certains signaux invitent à sortir ou à modifier immédiatement la position:

  • douleur vive dans le genou ou la hanche;
  • engourdissement ou fourmillement qui persiste;
  • sensation de pincement profond;
  • respiration bloquée malgré une réduction de l’amplitude;
  • douleur qui augmente à chaque expiration;
  • asymétrie qui devient impossible à contrôler.

Réduisez la profondeur, ajoutez un support ou revenez à une posture neutre. L’objectif n’est pas de prouver que vous pouvez rester dans une forme. L’objectif est d’apprendre comment votre corps y entre, comment il la respire et comment il en sort.

Cette attitude permet aussi d’éviter les blessures en Hatha yoga liées à la répétition d’un mouvement mal réparti. Une posture inconfortable n’est pas forcément dangereuse, mais une douleur ignorée parce qu’elle serait censée annoncer un progrès mérite rarement d’être poursuivie.

Une pratique régulière ne consiste pas à aller plus loin chaque jour. Elle consiste à revenir avec assez de précision pour que le corps puisse apprendre.

Ce que nous pouvons réellement attendre de l’alignement

Un meilleur alignement du bassin peut améliorer la qualité des appuis, faciliter certains mouvements et diminuer les compensations liées à la sédentarité. Il peut aussi rendre la respiration plus libre dans les postures, car le diaphragme et la cage thoracique disposent de davantage d’espace fonctionnel.

Mais nous devons rester précis dans nos attentes. Le Hatha yoga ne corrige pas toutes les douleurs de hanche et ne remplace pas un diagnostic lorsque les symptômes persistent. La mobilité dépend de facteurs individuels, notamment de la forme des articulations, de l’orientation des fémurs et de l’histoire corporelle de chacun. Deux personnes peuvent recevoir la même consigne et avoir besoin de deux variantes différentes.

C’est pourquoi je préfère parler d’ajustement plutôt que de correction définitive. Nous ajustons les appuis, la respiration, la profondeur et le temps de maintien. Nous observons la réponse du corps. Puis nous modifions la posture si nécessaire.

Dans le pigeon, le bassin soutenu par une brique peut être plus juste qu’un bassin posé au sol de force. Dans Malasana, les talons surélevés peuvent offrir une meilleure organisation qu’un squat profond effectué en équilibre instable. Dans Tadasana, un pubis légèrement redressé et une respiration ample auront plus de valeur qu’une posture militaire tenue par crispation.

L’alignement postural en Hatha yoga n’est donc pas une recherche de symétrie parfaite. C’est une manière de distribuer l’effort, de rendre le mouvement plus conscient et de laisser aux hanches leur rôle de mobilité sans leur demander de compenser toute la rigidité du corps.

Nous pouvons commencer simplement: sentir les pieds, relâcher la mâchoire, laisser le bassin bouger dans une petite amplitude et respirer avant de vouloir étirer. Lorsque les appuis deviennent clairs, les postures cessent d’être des formes à atteindre. Elles deviennent des espaces d’écoute, avec assez de structure pour nous soutenir et assez de liberté pour nous laisser évoluer.

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je mal aux hanches après être resté assis longtemps ?
La position assise prolongée raccourcit les fléchisseurs de hanche et réduit l'activité des fessiers, créant un déséquilibre qui rend le bassin moins disponible pour le mouvement.
Dois-je forcer pour poser mes fesses au sol dans la posture du pigeon ?
Non, il est préférable d'utiliser un coussin ou une brique sous la fesse pour maintenir le bassin aligné et éviter de créer une torsion excessive dans le genou.
Pourquoi mes talons se décollent-ils en faisant Malasana ?
Cela indique une limitation de mobilité au niveau des chevilles ou des hanches ; il est conseillé de placer un support sous les talons pour stabiliser la posture.
L'alignement du bassin doit-il être une position figée ?
Non, l'alignement est une capacité à répartir la charge sans verrouillage, en passant de manière fluide entre l'antéversion et la rétroversion du bassin.
Le yoga peut-il guérir toutes les douleurs de hanche ?
Le Hatha yoga ne remplace pas un diagnostic médical. Si une douleur est persistante, nocturne ou accompagnée d'un gonflement, un avis médical est nécessaire avant de pratiquer.