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Une chronique de Constance Duret

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Yoga et cinéma : quand le bien-être devient un simple décor de comédie

Selon la critique publiée dans The Guardian, le film Spa Weekend — présenté comme une réponse féminine à Very Bad Trip et signé par les scénaristes Jon Lucas et Scott Moore — met en scène Adam Demos…

Constance Duret, Kinésiologue et formatrice en yoga postural·mis à jour 25 août 2026

Yoga et cinéma : quand le bien-être devient un simple décor de comédie

Selon la critique publiée dans The Guardian, le film Spa Weekend — présenté comme une réponse féminine à Very Bad Trip et signé par les scénaristes Jon Lucas et Scott Moore — met en scène Adam Demos dans le rôle de Kai, un professeur de yoga d'hôtel de luxe qualifié de « super-hot super-sensitive ». Le long-métrage est sorti le 21 août au Royaume-Uni et aux États-Unis. Pour nous qui pratiquons ou enseignons, ce personnage n'est pas anodin: il condense en quelques minutes d'écran des années de caricatures sur nos tapis.

Le yoga comme décor de brochure

Dans cette comédie, le yoga devient un faire-valoir romantique: un homme séduisant, un cadre de resort haut de gamme, une promesse d'éveil entre deux soins spa. C'est exactement le fantasme que nous voyons circuler dans les couvertures de magazines et les argumentaires de séjours bien-être. La réalité posturale demande autre chose. Sur le tapis, l'alignement osseux mobilise les fascias, la respiration s'allonge vers le bassin, et le système nerveux parasympathique fait son travail en silence. Aucune de ces couches ne se voit à l'écran. Aucune n'a besoin d'un acteur pour exister.

Ce que cette image projette sur nos débutant·e·s

Cette vision n'est pas neutre: elle installe une attente. Quand une personne arrive pour la première fois sur le tapis après avoir vu ce type de représentation, elle cherche souvent une « expérience » sensorielle immédiate — ambiance, musique, regard du professeur — plutôt qu'un travail d'ancrage. Nous observons trois signaux concrets qui montrent que la pratique dérape vers la performance extérieure plutôt que vers l'écoute intérieure.

Premier signal: une respiration qui reste haute, thoracique, rapide. C'est le corps qui cherche à montrer qu'il « fait bien », plutôt qu'à s'installer dans le geste. Deuxième signal: des appuis de pieds déséquilibrés, avec un report de poids vers l'extérieur ou vers l'avant — signe classique d'une recherche d'approbation posturale. Troisième signal: une crispation dans la mâchoire ou les épaules pendant les postures tenues, là où l'effort devrait s'intégrer sans bruit.

Ce que nous pouvons en faire

Le personnage de Kai a au moins un mérite: il rend visible l'instrumentalisation du yoga par l'industrie culturelle. À chaque ajustement précis que nous guidons — un bassin qui se nivelle, une omoplate qui se pose, un souffle qui redescend — nous répondons concrètement à cette caricature. Le vrai professeur n'est pas un séducteur de resort. C'est quelqu'un qui sait poser une main sur une hanche et la libérer, qui sait allonger une expiration et laisser le diaphragme faire son travail.

Nous pouvons accueillir ce film comme un miroir utile. Ce n'est pas le cinéma qui définit notre pratique. C'est ce que nous faisons, séance après séance, avec une consigne claire et une respiration qui descend.